BACCALAURéAT EN ARCHITECTURE DE PAYSAGE

Mélodie paysagère

Cover image

Visualisation tridimensionnelle du projet « Mélodie paysagère » sur le site de l'ancien hôpital Royal Victoria, à Montréal. Le projet sera accessible via la réalité virtuelle (casque VR) durant l'EFFA 2026.

Servitude de l'axe University/Variation – Entrée de la montagne

Servitude de l'axe University/Variation – Entrée de la montagne

Jardin Est/Harmonie – Zone de gestion d'eau de ruissellement et de mise en valeur du patrimoine

Jardin Est/Harmonie – Zone de gestion d'eau de ruissellement et de mise en valeur du patrimoine

Boisé/Silence – Sentier en caillebotis surélevé en guise de corridor écologique

Boisé/Silence – Sentier en caillebotis surélevé en guise de corridor écologique

Jardin Ouest/Harmonie – Zone ouverte et de mise en valeur des vues

Jardin Ouest/Harmonie – Zone ouverte et de mise en valeur des vues

Jardin Ouest – Point de vue inspiré par le belvédère « Kondiaronk » du mont Royal

Jardin Ouest – Point de vue inspiré par le belvédère « Kondiaronk » du mont Royal

Jardin Ouest – Vue sur la ville de Montréal à partir du belvédère

Jardin Ouest – Vue sur la ville de Montréal à partir du belvédère

Mélodie paysagère

Situé sur le flanc du mont Royal, ce projet propose une relecture sensible du site de l’ancien hôpital Royal Victoria, à Montréal. Chargé d’histoire, de mémoires, de dynamiques sociales et écologiques, ce lieu est abordé comme un ensemble de voix coexistantes, chacune portant ses propres sons. Plutôt que d’imposer une vision unifiée, le projet cherche à reconnaître ces différents échos et à les mettre en relation, afin de faire émerger non pas une cacophonie, mais une mélodie paysagère.

Afin de faire émerger cette mélodie, il est d’abord nécessaire d’en établir la partition. Celle-ci ne s’impose pas d’emblée, mais se construit à partir d’une lecture du site, de ses ambiances et des dynamiques qui le traversent. Pour ce faire, chaque zone du projet a été étudiée afin d’en révéler le caractère musical et d’en orienter les usages.

Dans cette logique, la servitude de l’axe University peut être comprise comme une variation. Elle marque un moment de transition où les ambiances évoluent progressivement, accompagnant le passage entre des séquences contrastées du paysage. Par son tracé, ses ouvertures visuelles et la mise en scène du parcours, cet axe guide le déplacement tout en introduisant des changements de rythme, permettant de passer d’un espace à un autre sans rupture, mais dans une continuité sensible. De plus, les jardins Est et Ouest se définissent par une forme d’harmonie. Leur ouverture, leur accessibilité et la diversité des usages qu’ils permettent favorisent une cohabitation entre les différentes présences du lieu. Ces espaces accueillent autant des moments de rassemblement que de contemplation et participent à créer un équilibre entre les dimensions sociales, écologiques et sensibles. À l’inverse, le boisé est associé au silence. Il s’agit d’un espace plus retenu, où l’intervention cherche à s’effacer au profit des dynamiques existantes. Le silence n’y est pas compris comme une absence, mais comme une qualité d’écoute, une manière de laisser place aux processus naturels et à une expérience plus introspective du paysage. L’aménagement y demeure minimal, afin de préserver cette atmosphère et de maintenir une certaine distance avec les zones plus actives. Ainsi, les quatre zones possèdent chacune leur caractère, leur voix, leur instrument. Assemblées, elles ont le potentiel de composer une mélodie.

La mise en scène de cette mélodie paysagère se fait par des parcours, des vues et des ambiances qui s’inscrivent dans la continuité des principes développés par Frederick Law Olmsted, notamment à travers l’importance accordée à la progression des séquences et à l’expérience vécue du paysage. Le projet ne cherche pas à tout révéler d’un seul regard, mais à construire une expérience qui se découvre dans le temps, au fil du déplacement. Ce paysage laisse place à l’appropriation, aux usages imprévus et aux interprétations multiples, à l’image d’une chanson que plusieurs fredonnent, mais à leur façon. Une fois la mélodie mise en place, il ne restera qu’à l’écouter… et, avec le temps, peut-être entendrons-nous apparaître de nouveaux sons?