MAîTRISE EN ARCHITECTURE DE PAYSAGE

Secteur du viaduc Rosemont–Van Horne : habiter l'interface

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Localisation du secteur du viaduc Rosemont–Van Horne à l’échelle des quartiers environnants

Localisation du secteur du viaduc Rosemont–Van Horne à l’échelle des quartiers environnants

Un paysage façonné par des infrastructures territoriales

Un paysage façonné par des infrastructures territoriales

Lecture sensible du site à travers le croquis

Lecture sensible du site à travers le croquis

Carte analytique : Parcours et passage

Carte analytique : Parcours et passage

Carte analytique : Zone des marqueurs importants du site

Carte analytique : Zone des marqueurs importants du site

Carte analytique : Stratification intercalaire : entre discontinuité et continuité

Carte analytique : Stratification intercalaire : entre discontinuité et continuité

Carte analytique : Phénoménologie ferroviaire

Carte analytique : Phénoménologie ferroviaire

Plan d’aménagement proposé

Plan d’aménagement proposé

Diagramme de recomposition des continuités et des liaisons du site

Diagramme de recomposition des continuités et des liaisons du site

Liaison directe entre les espaces par le passage à niveau

Liaison directe entre les espaces par le passage à niveau

Schéma d’ambiance paysagère

Schéma d’ambiance paysagère

Un espace animé aux usages polyvalents

Un espace animé aux usages polyvalents

Secteur du viaduc Rosemont–Van Horne : habiter l'interface

Afin de situer brièvement le site d’étude, le secteur du viaduc Rosemont–Van Horne se trouve au centre de l’île de Montréal, à la rencontre de deux arrondissements, soit Rosemont–La Petite-Patrie et le Plateau-Mont-Royal. Le secteur est symboliquement marqué par la traversée d’un chemin de fer appartenant au service de transport ferroviaire du Canadien Pacifique (CP), une infrastructure majeure qui contribue, par le fait même, à délimiter les limites entre les deux arrondissements. Le site est également structuré par la présence de grandes infrastructures routières visant à assurer la continuité des déplacements à travers cette emprise ferroviaire bien établie, notamment entre le quartier du Mile End au sud (arrondissement du Plateau-Mont-Royal) et celui de La Petite-Patrie au nord (arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie). Ainsi, le secteur dispose de nombreuses traversées, relevant de différentes typologies, qui visent à fluidifier les déplacements. L’une d’entre elles est la traverse souterraine, qui se déploie sous les voies ferrées du CP et permet le passage nord-sud; c'est d'ailleurs le type de traverse le plus répandu dans le secteur. L’autre est la traverse aérienne, qui se présente sous la forme d’un long viaduc traversant, cette fois, les voies du CP par-dessus, offrant aux usagers un lien d’ouest en est. Pour sa part, celle-ci est structurée en partie par l’artère du boulevard Rosemont, qui arrive de l’autre côté, dans le quartier du Mile End, où elle se transforme sous le nom de l’avenue Van Horne, donnant d’ailleurs en même temps, par leur combinaison, l’appellation du viaduc : le viaduc Rosemont–Van Horne.

Toutefois, ce déploiement imposant d’infrastructures urbaines a contribué, au fil du temps, à la configuration morphologique du territoire et, à la fois, à sa fragmentation, créant aujourd’hui une diversité de paysages interstitiels et résiduels, dont les occupations peuvent être d’ordre programmé et informel. Ces espaces incongrus avec tout type de compatibilité d’usage deviennent des lieux propices à l’appropriation et à l’émergence de formes de vie se voulant d’ordre public. Ainsi, le constat est qu’aujourd’hui, indirectement, les grands travaux infrastructurels du passé ont permis l’émergence de nombreux parcs, d’une grande piste cyclable verte et de plusieurs autres aménagements connexes destinés aux habitants des environs. Cependant, la somme de ces marqueurs importants manque parfois, voire drastiquement, de liaisons entre eux, en raison de seuils importants imposés : tels que le chemin de fer lui-même, certaines voiries, des surfaces incompatibles, des espaces informels ou résiduels non officiels, ou simplement le manque d’information et d’aménagement adéquat entre eux. Finalement, ce constat met en lumière un potentiel important d’intervention visant à renforcer les liens entre ces différents espaces et à mieux structurer leurs relations spatiales à l’échelle du secteur.

Par conséquent, la vision du secteur du viaduc Rosemont–Van Horne propose de s’appuyer sur les forces naturelles du site et le génie du lieu pour transformer le secteur en une interface urbaine et paysagère habitée, capable de rallier les marqueurs aujourd’hui divisés. Cette interface se déploie selon trois intentions complémentaires : lier, révéler et accueillir.

Lier consiste à recomposer des continuités urbaines et piétonnes afin de tisser un territoire plus fluide et accessible. Révéler vise à mettre en lumière les strates, les traces évolutives, les potentiels inexploités et les paysages cachés qui façonnent l’identité du lieu. Accueillir cherche à humaniser les espaces sous et autour de l’infrastructure en créant des lieux de passage, de pause et de séjour où cohabitent les vivants, les usages et les milieux.

En réunissant ces trois intentions, le projet vise à faire du secteur Van Horne–Rosemont un espace d’articulation dynamique, capable de rétablir les liens physiques et perceptifs entre quartiers et d’offrir une expérience sensible renouvelée. Ainsi, le secteur ne se veut plus comme une rupture, mais désormais comme une interface habitée qui relie, qui révèle et qui accueille la vie urbaine.