BACCALAURéAT EN ARCHITECTURE

Composer l'héritage

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Plan de l'analyse de site du Monastère Bon Pasteur – Mise en avant du patrimoine et des espaces publics

Plan de l'analyse de site du Monastère Bon Pasteur – Mise en avant du patrimoine et des espaces publics

Collage de l'analyse formelle du Monastère Bon-Pasteur

Collage de l'analyse formelle du Monastère Bon-Pasteur

Élévation de la rue Sherbrooke du Monastère

Élévation de la rue Sherbrooke du Monastère

Schéma conceptuel

Schéma conceptuel

Vue de la cour extérieure avant de nuit

Vue de la cour extérieure avant de nuit

Coupe transversale

Coupe transversale

Collage de la cour arrière

Collage de la cour arrière

Coupe longitudinale de la cour côté Sherbrooke

Coupe longitudinale de la cour côté Sherbrooke

Plan du RDC

Plan du RDC

Vue depuis le foyer

Vue depuis le foyer

Coupe longitudinale intérieure

Coupe longitudinale intérieure

Plan du 2e et 3e étage de la Chapelle musicale

Plan du 2e et 3e étage de la Chapelle musicale

Composer l'héritage

Le projet propose une relecture de la Chapelle musicale du Monastère du Bon-Pasteur à partir d’un enjeu central : rendre visible et accessible un lieu culturel aujourd’hui peu perceptible depuis la rue. Situé sur la rue Sherbrooke, à la jonction du Plateau-Mont-Royal et de Ville-Marie, le site est marqué par une topographie en pente, une forte présence automobile et une entrée difficile à identifier. Ces conditions maintiennent le lieu en retrait, malgré son rôle actif et sa richesse programmatique. Le projet cherche ainsi à transformer cette condition en travaillant l’accès non pas comme un simple point d’entrée, mais comme une séquence spatiale progressive.

L’intervention se développe dans la cour avant, pensée comme un espace de transition entre la ville et le bâtiment. Inspiré du vocabulaire architectural existant – triangles, arcs et rythmes répétitifs –, le projet propose une série de dispositifs réinterprétés dans une écriture contemporaine. Plutôt que de reproduire ces formes, il s’agit de les considérer comme des structures génératrices, capables d’engendrer de nouvelles configurations spatiales. Organisés selon une trame régulière, ces éléments structurent l’espace tout en laissant place à une déambulation libre, favorisant une appropriation progressive du lieu.

Ces dispositifs guident les usagers de manière intuitive, en introduisant des repères visuels et spatiaux, tout en intégrant des fonctions d’assise, d’abri et d’affichage liées à la programmation culturelle. Ils participent à la construction d’un parcours où l’on passe graduellement de l’espace public à un espace plus intériorisé. La matérialité en acier perforé coloré, inspirée à la fois des vitraux de la chapelle et de dispositifs contemporains filtrant la lumière, crée des jeux de transparence, de lumière et d’ombre. Cette matérialité agit comme un filtre : elle rend le site perceptible depuis la rue tout en maintenant une certaine porosité visuelle, évitant toute rupture brutale entre intérieur et extérieur.

La question de l’entrée est abordée comme une séquence construite. Face à des ouvertures existantes dont la monumentalité peut prêter à confusion, le projet clarifie l’accès principal en s’appuyant sur des formes déjà présentes, telles que l’arche ou le toit à versant, réinterprétées pour renforcer la lisibilité. L’objectif n’est pas d’imposer un geste, mais de révéler une logique déjà inscrite dans le lieu.

Cette approche se prolonge à l’intérieur, où l’entrée est redéfinie afin d’améliorer le rapport d’échelle et la compréhension des espaces. Les interventions accompagnent les circulations, ouvrent le hall et le foyer, et introduisent des jeux de pleins et de vides qui favorisent la diffusion de la lumière naturelle et la continuité spatiale. L’espace intérieur devient ainsi le prolongement direct de la cour, dans une logique de fluidité et de cohérence.

Le projet adopte ainsi une posture fondée sur la réinterprétation du patrimoine, cherchant à activer plutôt qu’à figer l’existant. En s’appuyant sur les logiques formelles, spatiales et sensibles du bâtiment, il vise à révéler son potentiel et à renforcer son lien avec la ville. La cour devient alors un espace intermédiaire structurant, capable de transformer l’expérience du lieu et d’en faire un espace plus ouvert, lisible et appropriable.
Amélie Guillemette
Amélie Guillemette amelie.guillemette@umontreal.ca