MAîTRISE EN ARCHITECTURE

Convivialité et mitoyenneté, la ruelle comme théâtre du quotidien

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SITE A : Plan du rez-de-chaussée

SITE A : Plan du rez-de-chaussée

SITE A : Coupe

SITE A : Coupe

SITE B : Plan du rez-de-chaussée

SITE B : Plan du rez-de-chaussée

SITE B : Coupe

SITE B : Coupe

Cartographie des ruelles de Parc-Extension : Ruelle d'hiver entre Ball, Bloomfield, Champagneur et Saint-Roch

Cartographie des ruelles de Parc-Extension : Ruelle d'hiver entre Ball, Bloomfield, Champagneur et Saint-Roch

Convivialité et mitoyenneté, la ruelle comme théâtre du quotidien

À Parc-Extension, les ruelles jouent un rôle fondamental : elles sont les coulisses habitées de la ville, les interstices du quotidien où naissent les premières amitiés, circulent les potins de voisinage, s’échangent les gestes de solidarité et s’invente le vivre-ensemble. Les ruelles y sont à la fois un théâtre du quotidien, un lieu de mitoyenneté et de convivialité, ainsi qu’un point d’ancrage pour les nouveaux arrivants.

Le projet se décline en deux dispositifs flexibles implantés dans des anomalies du tissu des ruelles. La première intervention est située sur la rue Jarry (site A), une artère commerciale active. Elle prend la forme d’une bibliothèque qui agit comme un seuil entre la rue et la ruelle. Inspirée des petites bibliothèques autogérées que l’on retrouve dans les ruelles, l’intervention en propose une interprétation à plus grande échelle. Le dispositif capte les flux quotidiens, prolonge les usages existants et invite au ralentissement en transformant un stationnement peu utilisé en lieu de rencontre et de partage. La seconde intervention, près de la rue Jean-Talon (site B), débouche sur le parc Athéna. Le projet affirme une vocation ludique et événementielle, en écho aux fêtes de quartier, aux rassemblements spontanés et aux appropriations murales dans les ruelles. Les balcons existants, ainsi que ceux ajoutés par l’intervention, composent une série de seuils et de belvédères qui cadrent la ruelle et mettent en scène les événements. Inspiré par la mise en scène intrinsèque des ruelles, le projet choisit de regarder plutôt que d’être regardé.

En ménageant plutôt qu’en imposant, le projet adopte une posture de retrait qui laisse à la ruelle sa capacité d’accueillir et de surprendre, ainsi que son potentiel d’être un point d’ancrage pour les nouveaux arrivants. L’architecture ne cherche pas à occuper l’interstice, mais à le révéler, à soutenir ses usages quotidiens et la convivialité qui s’y tisse déjà. Elle participe à une ville attentive aux passages et à un catalyseur de liens. Elle ouvre la ruelle à ceux qui n’y vivent pas, offrant un lieu de rassemblement pour le quartier, un repère dans les ramifications des ruelles et une invitation à s’y engager.