MAîTRISE EN ARCHITECTURE

Habiter l'interstice : une résistance

Cover image

Prendre le temps de prendre le temps

Interstices

Interstices

Implantations

Implantations

Plan du rez-de-chaussée | site 01

Plan du rez-de-chaussée | site 01

Coupe | site 01

Coupe | site 01

Plan du rez-de-chaussée | site 02

Plan du rez-de-chaussée | site 02

Plan de l'étage | site 02

Plan de l'étage | site 02

Plan du rez-de-chaussée | site 03

Plan du rez-de-chaussée | site 03

Plan de l'étage | site 03

Plan de l'étage | site 03

Site 03 | avant l'intervention

Site 03 | avant l'intervention

Site 03 | après l'intervention

Site 03 | après l'intervention

Site 03 | après l'intervention

Site 03 | après l'intervention

Habiter l'interstice : une résistance

La ville refuge
Dans une ville refuge, l’architecture ne cherche pas à faire du beau, mais à faire du bien. Là où la ville aseptisée accélère, isole et anonymise, la ville refuge recrée des rythmes partagés, des complicités minuscules mais essentielles. L’architecture devient un outil de bienveillance. Elle ne cherche pas à imposer, mais à accueillir, à soutenir, à permettre que la vie se réorganise à l’image des individus qui la peuplent. Elle n’est pas juste un lieu où l’on fonctionne, mais un lieu où l’on refait lien, et c’est là où la ville refuge prend vie.

Parc-Extension
Quartier parmi les plus densément peuplés de Montréal, Parc-Extension est depuis longtemps un territoire d’accueil pour de nombreuses communautés immigrantes. On y arrive souvent avec peu, avec le désir de recommencer, de reconstruire un chez-soi. Mais devenir habitant ne dépend pas uniquement du temps qui passe. Cela demande une volonté réciproque, celle de s’ouvrir à l’autre et celle d’être accueilli. Cela demande le courage de se rendre disponible, de choisir d’être présent, d’être là réellement, au moment où la rencontre est possible. C’est dans ce geste volontaire, souvent fragile, que tout commence. C’est précisément là que les dispositifs sociaux du quartier jouent un rôle essentiel. Ils offrent les premiers seuils par lesquels entrer dans le tissu humain du lieu. Un espace où l’on peut commencer à devenir habitant, non pas en fonction de la durée mais en fonction du lien.

Trois insertions pour faire lieu
Le projet s’inscrit dans la continuité d’une lecture sensible du quartier. Il ne vise pas à créer de nouveaux commerces comme il en existe déjà dans le quartier, mais à proposer des espaces collectifs neutres qui soutiennent et amplifient les interactions sociales spontanées déjà présentes. Trois microarchitectures viennent ainsi occuper ces espaces situés entre la rue marchande et la ruelle, entre le visible et le discret. Elles offrent des lieux de rencontre tangibles où l’on peut s’asseoir, cuisiner, jardiner, transmettre, créer, le tout sans logique de consommation. Ces interventions prolongent et accroissent les pratiques existantes, tout en respectant l’autonomie des habitants. Plus qu’une forme ou un objet, ces sites sont des dispositifs pour la vie collective, des cadres souples qui facilitent les relations et rendent la création de liens sociaux accessible à tous. Ils traduisent en architecture les principes des micro‑espaces de vie partagée.