MAîTRISE EN ARCHITECTURE

Il fait beau dans l'métro

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Premier prototype

Premier prototype

Module à simple courbure

Module à simple courbure

Module à double courbure

Module à double courbure

Module à double courbure/décomposition

Module à double courbure/décomposition

Tunnel piétonnier métro-SRB

Tunnel piétonnier métro-SRB

Quai

Quai

Il fait beau dans l'métro

Ce projet de thèse en architecture explore le potentiel du réemploi de la brique dans la transformation des infrastructures souterraines de Montréal, en visant une amélioration de l’expérience usager, un impact collectif positif et une réduction de l’empreinte environnementale. Le projet propose une logique de développement fondée sur des méthodes paramétriques et la réalité augmentée, ainsi que sur des modules préfabriqués en briques réemployées. Cette nouvelle approche constructive a pour but de concilier réemploi des matériaux, efficacité structurelle et rationalisation des processus de construction, tout en revalorisant la dimension artisanale de la construction et de l’architecture.

La première étape du projet consiste en une mise en contexte matérielle et environnementale, centrée sur la brique issue de la déconstruction. Matériau durable, abondant et aujourd’hui revalorisé grâce à des procédés de nettoyage et de réintégration développés notamment par la compagnie québécoise Brique Recyc, la brique est envisagée comme une ressource permettant de réduire l’empreinte carbone liée à la construction, tout en ancrant le projet dans une continuité matérielle propre au contexte montréalais.

S’appuyant ensuite sur le dialogue de Louis Kahn — « Que veux-tu, brique? » Et la brique vous répond : « J’aime une arche. » —, la recherche a porté sur les logiques structurelles intrinsèques à ce matériau à travers des systèmes d’arches et de voûtes. Une phase expérimentale, réalisée par le biais de maquettes physiques et de simulations numériques, a permis d'étudier les savoir-faire artisanaux liés à la mise en œuvre de ces structures, notamment les appareillages, le coffrage et le cintrage. Ceci visait à réactiver une intelligence constructive fondée sur la compression, tout en l’adaptant aux contraintes contemporaines.

La troisième étape consistait à transposer ces apprentissages vers une approche modulaire et préfabriquée. Le projet développe une hypothèse de modules en briques réemployées, assemblés en atelier puis transportés et installés sur chantier. Ces modules, conçus pour générer des structures à simple et double courbure, intègrent des armatures verticales à même les briques préalablement trouées ou percées en usine, permettant d’assurer la reprise des charges en tension tout en facilitant la répétition, l’assemblage et la rapidité de mise en œuvre. Cette stratégie vise à concilier les avantages du réemploi avec les exigences de productivité et de précision propres aux chantiers contemporains.

Enfin, le système développé trouve son application dans la conception de la future station multimodale Vertières, sur la ligne bleue du métro de Montréal. Nommée en commémoration de la Bataille de Vertières et en hommage à la présence de la communauté haïtienne à Montréal, elle propose une architecture distinctive, marquée par son expressivité. Au-delà de son identité formelle, la station se distingue par son rôle de pôle multimodal, notamment grâce à sa connexion directe au SRB Pie-IX par un tunnel piétonnier souterrain, ainsi qu’à l’intégration d’une station de vélos BIXI sur son site. En réactivant le slogan publicitaire du métro de Montréal des années 1960, le projet propose de renouveler l’ambition d’un espace souterrain accueillant, lumineux et porteur de sens, adapté aux réalités contemporaines.