BACCALAURéAT EN ARCHITECTURE

Murmur(e)

Cover image
Contexte actuel

Contexte actuel

Axonométrie frontale du concept

Axonométrie frontale du concept

Plan

Plan

Maquette 1 : 250

Maquette 1 : 250

Entrée du site

Entrée du site

Maquette 1 : 250

Maquette 1 : 250

Coupe des maisonnées

Coupe des maisonnées

Ambiance des maisonnées

Ambiance des maisonnées

Chambre

Chambre

Ambiance extérieure

Ambiance extérieure

Coupe jardin relationnel

Coupe jardin relationnel

Murmur(e)

Dans le contexte du vieillissement démographique, le nombre de personnes atteintes de troubles neurocognitifs augmente énormément. Ainsi, Murmur(e) propose un milieu de vie adapté pour douze personnes atteintes d’Alzheimer au cœur du jardin du Monastère des Carmélites. L’architecture religieuse du monastère inspire une réinterprétation de la maisonnée communautaire des sœurs vers un milieu réconfortant et analogique à celui de la maison. La douceur du lieu invite à détourner le quotidien simple des Carmélites et s’appuyer sur les qualités intrinsèques de la sobriété de leur architecture. Le projet propose une alternative concrète aux établissements de soins hospitaliers reconnus pour être inadaptés, froids, désorientant et angoissant en créant un environnement humain et inclusif.

Tel un phare, la Société d’Alzheimer du Québec, s’installe dans l’ancienne maison du gardien comme premier seuil de l’expérience. Le monastère, lui, se reconverti en centre de répit pour des individus ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA) avec ou sans handicap physique. De son côté, l’ancienne maison du Chapelain abrite un centre d’intégration sociale, offrant un soutien aux arrivants avec des services d’informations, des formations et du logement temporaire. Cette interface accueille des individus avec leurs propres enjeux afin de maintenir leurs acquis, d'en développer de nouveaux et d'empêcher leur isolement social. La programmation ouvre le monastère sur la ville, tout en préservant ses seuils, véritables dispositifs de révélation du jardin et de protection du lieu. En conservant la structure bâtie telle qu’elle est, le site met en valeur la figure du mur pour en faire un filtre qui unit plutôt qu’un obstacle. Subséquemment, l’ajout contemporain, soit le milieu de vie prend forme dans la trame actuelle tel un mur habité dans le jardin. L’ensemble se déploie afin de bonifier les seuils existants sur le site.

Murmur(e) est une série de zones distinctes, soit l’entrée, les maisonnées et les unités dont la fragmentation est lisible autant dans l’organisation que dans la volumétrie. Les extrémités à toit plat contrastent avec les trois maisonnées à double pente, accentuant cette articulation en séquences. La matérialité contribue également à ce dialogue. L’usage combiné de la brique blanche et grise et du bois pré-grisé à baguette établit une distinction nuancée entre héritage bâti et intervention contemporaine. Les deux blocs situés aux extrémités adoptent la brique afin de prolonger la massivité du mur d’enceinte adjacent sans être identique. À l’inverse, le revêtement de bois introduit au niveau des trois maisonnées crée une enveloppe chaleureuse intérieure qui rassemble les espaces de vie commune et affirme leur caractère domestique. L’ensemble très pâle renforce l’atmosphère calme et priorise l’impact visuel de la lumière et du jardin dans l’expérience.

Les trois maisonnées assoient et contiennent les espaces d’activités sociales, sensorielles comme la musique et calmes. Chaque moment est délimité par des murs qui s’épaississent progressivement pour devenir tantôt du mobilier fixe, tantôt de véritables pièces. L’interruption de ces murs à certains endroits crée une porosité et rend possible la circulation en boucle et la déambulation dans l’ensemble du projet. À travers ce parcours libre et fluide, des dispositifs, tels que des jardins intérieurs modulant l’ambiance, servent de repères dans l’espace aux résidents. Alors que le milieu s’étire sur le paysage, le studio central se replie et enveloppe le résident pour lui permettre de se retirer momentanément de l’activité communautaire.

Bref, le site, autrefois habité par les Carmélites, voit son héritage se transformer plutôt que disparaître. En transformant l’esprit monastique en ressource spatiale, Murmur(e) démontre que les environnements de soutien peuvent s’appuyer sur des structures existantes pour offrir des expériences plus humaines et plus sensibles.