MAîTRISE EN ARCHITECTURE

Pôle communautaire Hickson-Dupuis

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Pôle communautaire Hickson-Dupuis

Derrière la popularité grandissante de Verdun se cache un effet
d'embourgeoisement qui exclut les plus vulnérables de leur milieu de vie. Des
commerces locaux laissent place à de grandes chaînes et des industries sont
rasées pour ériger des condos. Le secteur Hickson-Dupuis incarne ce phénomène
: il a été amputé de moitié au profit d’un nouveau développement mixte à
dominance résidentielle, tirant un trait sur tout le patrimoine industriel qui
le caractérisait. En retirant ces emplois, au-delà de l’effacement du patrimoine
bâti, la densification met en péril l’infrastructure sociale en menaçant les
pratiques socioculturelles liées à l’industrie et au mode de vie ouvrier.

Le secteur Hickson-Dupuis compte encore une partie intouchée.
Monofonctionnel, à échelle industrielle, et fortement minéralisé, il appelle une réflexion sur son renouvellement, fondée sur une approche plus éthique que celle de la
table rase. Dans la transition d’un secteur industriel monofonctionnel vers
un quartier mixte, comment un pôle communautaire peut-il agir comme levier
collectif pour défendre le patrimoine industriel, l’identité ouvrière et
l’abordabilité face aux pressions de l'embourgeoisement ?

Entrepôt et siège social d’une entreprise d’ébénisterie, le
bâtiment de l’entreprise JSUSS est un témoin du passé industriel du secteur
Hickson-Dupuis dans Verdun. Sa conversion en pôle communautaire permet à des
organismes de quartier de s’implanter et d’offrir des services à la communauté.
Le retrait du terrain du marché permet la construction de logements sociaux
pour assurer une mixité dans le quartier à long terme. Des espaces collectifs,
un marché abordable et des ateliers communautaires offrent la possibilité de
se rassembler pour s’impliquer dans son quartier et renforcer la cohésion
sociale de la communauté. Profitant des interstices dans le cadre bâti existant,
un réseau de nouveaux espaces publics à l’échelle humaine relie le quartier
au canal de l’Aqueduc, permettant à la population de se réapproprier cette
infrastructure d’importance historique majeure pour le secteur.

La préservation d’emplois, l’offre de services de proximité
et communautaires et la construction de logements sociaux contribuent à la
préservation de la mixité sociale du secteur. Ce contre-projet propose donc un
pôle de densification urbaine éthique plutôt qu’un pôle de gentrification.
Victor Gélinas
Victor Gélinas victor.gelinas@umontreal.ca