MAîTRISE EN ARCHITECTURE

Sur le fil de la lisière

Cover image
Thématiques racontées dans le film « Arpenter les traces »

Thématiques racontées dans le film « Arpenter les traces »

Le quartier

Le quartier

Cartographie vivante

Cartographie vivante

Le site

Le site

Plan du rez-de-chaussée

Plan du rez-de-chaussée

Tisser son appartenance

Tisser son appartenance

Errer entre les lignes

Errer entre les lignes

Plan de l'étage

Plan de l'étage

Traverser la frontière

Traverser la frontière

Raconter le lieu

Raconter le lieu

Sur le fil de la lisière

La ville refuge se présente comme un espace d’accueil, d’hospitalité et de passage pour les migrants. Elle incarne une promesse de possibilités, de protection, mais aussi de fragilité. La traversée d’une frontière engage bien plus qu’un déplacement géographique, elle fracture le corps, la mémoire et le territoire intérieur de l’individu. Les nombreux déplacements physiques et mentaux que vit le migrant forment une relation complexe avec le territoire, entre frontières réelles et espaces rêvés. La ville devient alors un lieu de tensions, d’apprivoisements et de recompositions identitaires, un espace permettant la reconstruction d’un ancrage.

Comment, dès lors, les discontinuités mémorielles et physiques vécues par le corps peuvent-elles trouver une expression spatiale, matérielle et narrative dans le territoire et l’architecture?

Le projet Sur le fil de la lisière à Parc-Extension s’inscrit ainsi dans une démarche d’architecture narrative, où l’espace devient non seulement un support d’usages, mais aussi un médium pour raconter l’expérience migrante qui comprend la traversée, l’errance, la reconstruction et l’ancrage. Son implantation en marge, au bord du chemin de fer et de la friche, propose une architecture qui accompagne les corps dans cet entre-deux, là où se côtoient simultanément la rupture et la recomposition identitaire. Elle permet de travailler la frontière comme un espace épaissi, habité, tout en conservant la possibilité d’être traversé ou contourné.

L’architecture n’agit ici ni comme une forme imposée, ni comme une réponse figée, mais comme un outil de transformation, capable de relier ce qui était séparé et d’offrir un cadre où des appartenances nouvelles peuvent se tisser. C’est dans la permanence de la friche qui contraste avec le passage rapide du train et les rythmes quotidiens des habitants du quartier que l’architecture inscrit un dispositif pouvant accompagner le processus plus lent d’intégration, d’apprentissage et de reconstruction identitaire.

Faire récit devient en quelque sorte une manière d’habiter l’espace par le temps. Et c’est dans cet espace liminal qu’est la frontière que la ville refuge répare, qu’elle accueille les traces dispersées, qu’elle permet au migrant de recoudre ses territoires et qu’elle offre un espace pour s’enraciner à nouveau.