MAîTRISE EN ARCHITECTURE

Vieillir Ensemble : Le Nid

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Vieillir Ensemble : Le Nid

Les CHSLD : un modèle québécois de contre-exemple du bon
vieillissement

Le Nid aborde la problématique typologique et sociale que subit la population vieillissante
nécessitant des soins. En effet, le Québec offre très peu d’alternatives pour les personnes les plus vulnérables ayant forgé notre société. Trop souvent contre leur gré, elles n’ont d’autre choix que de décider de vivre dans un Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Par contre, ces établissements publics ou privés ne répondent qu’aux besoins de survie et de soins des personnes, négligeant ainsi leur qualité de vie, leur confort, leur engagement social et parfois même leur sécurité.

Le Nid est un projet d’habitations de 28 logements entièrement accessibles où la présence des proches aidants en fait la réussite sociale. Ces 28 logements de différentes tailles accueillent des familles, des couples des personnes seules d’âges variés. Huit bénéficiaires habitent des studios communiquant par un sas à leur proche aidant qui lui peut habiter un logement d’une, deux ou trois chambres.

Le caractère institutionnel comme entrave à l’empathie :

Les CHSLD sont des bâtiments énormes, institutionnels, orientés vers les soins et l’efficacité
(comme un hôpital) et où l’architecture ne facilite pas le bon vieillissement. Les employés des CHSLD sont souvent surchargés, travaillent dans de mauvaises conditions et arrivent à peine à satisfaire les besoins de base des usagers. Il ne s’agit pas de mauvaise volonté, mais plutôt
d’une typologie déficiente et limitative. Le projet cherche donc à répondre aux problèmes des CHSLD et propose une façon différente de vivre et d’accompagner des personnes
vulnérables d’une façon plus humaine, sensible et empathique.

L’intergénérationnalité comme critère d’inclusion :

Les CHSLD peuvent aussi être critiqués pour l’âgisme et l’isolement que leur typologie impose sur les personnes âgées. En les regroupant dans un même bâtiment très étanche, sécurisé et contrôlé, elles sont ségréguées et à l’écart de la société. Elles sont stationnées dans un bâtiment où leurs interactions du quotidien ne seront qu’avec des membres du personnel débordés et d’autres personnes âgées partageant la même réalité. Le piège est de croire qu’en rassemblant toutes les personnes d’un même groupe ensemble, il sera plus facile de répondre à leurs besoins. Selon la recherche, les gens avec un taux d’engagement social et intellectuel élevé sont en meilleure santé et moins propice à avoir besoin de soins et de médication. Des espaces communs sont aménagés pour permettre différents types d’interactions à différents niveaux d’engagement et entre différentes générations. S’asseoir à l’extérieur et voir une famille jouer peut sembler banal, mais cette situation est impossible en CHSLD et pourrait être bénéfique pour tous.

Les proches aidants comme piliers sociaux :

- Parcours de l’espace public au balcon d’un usager du Nid
- Parcours du CHSLD typique
Le Nid mise sur la combinaison des soins professionnels et de proches aidants comme étant un des facteurs de réussite essentiels au bon vieillissement. Les proches aidants peuvent être des membres de la famille ou non et sont à l’écoute des besoins physiques et psychologiques de leur bénéficiaire. Ce soutien peut être très fonctionnel : faire des commissions, accomplir des tâches de vie quotidienne et planifier des rendez-vous, mais il peut également être psychologique. En ayant des logements pour proches aidants de différentes tailles reliés par des sas aux studios des bénéficiaires, le vieillissement ne dépend plus uniquement d’une institution qui ne prend pas en compte la santé mentale de ses « clients ». Parce que oui, les CHSLD traitent les usagers comme des numéros entassés dans un large bâtiment anxiogène déconnecté de la vie extérieure et de la communauté.