La drêche de bière est l’extrant organique le plus volumineux résultant de l’industrie brassicole, générée à raison d’environ une unité de drêche pour chaque unité de bière produite. Sur l’île de Montréal, où la concentration de microbrasseries est particulièrement élevée, leur gestion représente un enjeu environnemental et logistique important. Ce projet vise à revaloriser ces résidus céréaliers en les transformant en un biomatériau absorbant, flexible et léger.
La méthodologie repose sur une approche expérimentale itérative d’échantillonnage matériel. Elle comprend la collecte d’échantillons de drêches auprès de microbrasseries locales, leur caractérisation, puis une série de protocoles de transformation impliquant séchage, broyage, tamisage, formulation de liants biosourcés et mise en forme par moulage. Chaque cycle d’essais a permis d’ajuster les proportions, les additifs et les conditions de séchage afin d’optimiser les propriétés mécaniques, la porosité, la stabilité et d’assumer les limites du biomatériau.
Les résultats démontrent une grande polyvalence du matériau, capable de remplacer certains plastiques pétrosourcés à usage unique comme le polystyrène et le polyéthylène ainsi que la pâte à papier vierge se prêtant efficacement au secteur agroalimentaire. Les tests de biodégradabilité confirment sa capacité à s’intégrer dans un cycle de fin de vie compostable. De cette manière, la transformation des drêches de bière en biomatériau ouvre la voie à une valorisation locale et circulaire d’un résidu abondant, tout en offrant une possible alternative écoresponsable aux emballages alimentaires conventionnels. Cette recherche met en lumière le potentiel d’une matière première résiduelle et démontre la pertinence d’approches matérielles expérimentales dans la transition vers des systèmes plus durables.