DESS EN DESIGN D'INTéRIEUR

Habiter le mouvement

Cover image
Entrez dans la danse

Entrez dans la danse

Topographie du corps

Topographie du corps

Entre scène et regards

Entre scène et regards

Fragments d'ambiance

Fragments d'ambiance

L'escalier sculpture

L'escalier sculpture

Le projet en volumes et en niveaux

Le projet en volumes et en niveaux

Coupe sur paliers

Coupe sur paliers

Plans Accueil et Studios

Plans Accueil et Studios

Plans Salle de spectacle et Foyer des danseurs

Plans Salle de spectacle et Foyer des danseurs

Stratégie de la lumière naturelle

Stratégie de la lumière naturelle

Habiter le mouvement

Habiter le mouvement, corps vécu et mémoire d’un lieu patrimonial

Ce projet propose la relocalisation de l’École supérieure de ballet du Québec dans l’ancien magasin Morgan, aujourd’hui intégré au complexe de La Baie, récemment en faillite et en attente de reconversion. Il s’inscrit dans une réflexion sur la mémoire des lieux et l’expérience corporelle, tout en visant à offrir à la danse un cadre à la hauteur de son exigence. Le projet cherche également à ancrer durablement l’ESBQ dans le centre-ville de Montréal, en renforçant sa visibilité au sein du paysage culturel et en affirmant sa présence dans un site emblématique.

Le choix de ce bâtiment participe d’une volonté de réactiver un patrimoine existant en lui insufflant une nouvelle dynamique. Le mouvement des corps devient ici un vecteur de transformation, permettant d’établir une continuité entre passé et présent. Dans la lignée des réflexions de Maurice Merleau-Ponty, le corps est envisagé comme un moyen de perception et d’inscription dans le monde : les danseurs habitent l’espace autant qu’ils le révèlent. L’architecture devient ainsi le support d’une expérience sensible, où la mémoire du lieu nourrit la pratique artistique.

L’intervention s’organise autour d’un atrium central réouvert, en écho à la configuration d’origine du bâtiment. Baigné de lumière zénithale, il constitue le cœur du projet et structure l’ensemble des parcours. La lumière agit comme un principe directeur, révélant les matérialités, guidant les déplacements et accompagnant les rythmes du corps en mouvement. Autour de ce vide, des dispositifs filtrants, lames de béton, de métal et de bois, modulent les ambiances et qualifient les espaces, créant une diversité d’atmosphères selon les usages et les moments de la journée.

Un escalier sculptural accompagne cette verticalité sans entraver la diffusion de la lumière. Déployé en parallèle de l’atrium, il structure les circulations et introduit une progression spatiale entre ouverture et intériorité. Les espaces de transition deviennent des lieux sensibles, où sons et mouvements se diffusent : fragments de répétitions, rythmes et respirations composent une expérience immersive caractéristique des écoles de danse.

Le projet articule des espaces dédiés à la pratique, à la formation et à la diffusion. Il intègre notamment un grand studio de répétition, véritable cœur de la pratique quotidienne, ainsi qu’un studio polyvalent permettant d’accueillir représentations et événements. Un foyer des danseurs, pensé comme un espace de rencontre, d’échauffement et de sociabilité, prolonge ces lieux en favorisant les échanges informels et la vie collective de l’école. Cette organisation renforce le lien entre apprentissage, création et diffusion, tout en ouvrant l’école sur la ville et ses institutions culturelles voisines.

En réinvestissant un bâtiment existant, le projet affirme le rôle de l’architecture comme support de mémoire et de création. Il propose un lieu à la fois exigeant et accessible, où la danse se donne à voir autant qu’elle se vit, offrant aux danseurs un espace pour habiter pleinement le mouvement.
Rana Darkazanli Nadjar
Rana Darkazanli Nadjar rana.darkazanli@umontreal.ca