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Promenade montréalaise

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Interventions artistiques urbaines de Montréal

Interventions artistiques urbaines de Montréal

Forme unique, fonctions multiples

Forme unique, fonctions multiples

Variations d’usage

Variations d’usage

Vue 1 en utilisation

Vue 1 en utilisation

Vue 2 en utilisation

Vue 2 en utilisation

Promenade montréalaise

La « montréalité » est difficile à définir, et c’est précisément ce qui la rend si riche. Elle ne se résume pas à une image figée de la ville, ni à ses symboles les plus connus. Elle se vit, se traverse et se construit dans les interstices du quotidien.

Être à Montréal, c’est marcher sans nécessairement avoir de destination précise, croiser des visages familiers ou inconnus, s’arrêter, discuter, repartir. C’est une expérience faite de mouvement, mais aussi de pauses, d’imprévus et d’appropriations spontanées de l’espace.

Dans cette perspective, les rues montréalaises deviennent bien plus que de simples axes de circulation. Elles sont des lieux d’échanges, de rencontres, d’expression. Les installations temporaires qui s’y déploient, comme les bancs, les œuvres et les structures hybrides, participent à cette vitalité. Elles transforment des espaces de passage en lieux vécus, où l’on peut s’arrêter, observer, interagir.

C’est cette logique qui est transposée dans le contexte des rénovations de l’aérogare de Montréal. Les murs temporaires qui y sont installés rappellent, à première vue, une contrainte. En effet, ils coupent, limitent, réduisent certains usages, notamment les zones d’assise. Pourtant, en les observant autrement, ils révèlent un potentiel similaire à celui des rues : des surfaces disponibles, situées dans des espaces de flux, traversées par une grande diversité de personnes. Ils deviennent alors des supports d’intervention, des occasions de transformer une contrainte en opportunité.

Promenade montréalaise repose sur cette analogie. Si les rues peuvent accueillir des dispositifs qui enrichissent l’expérience urbaine, pourquoi les murs temporaires ne pourraient-ils pas jouer un rôle comparable dans un espace intérieur comme l’aérogare ? Dans les deux cas, il s’agit d’environnements de passage, marqués par la temporalité et la mobilité. Cette similarité justifie une approche qui ne cherche pas à figer l’usage, mais à ouvrir un éventail de possibilités.

Dans cette optique, l’intervention prend la forme d’un module unique, dont la conception permet différentes utilisations selon la manière dont il est disposé dans l’espace. En variant son orientation dans la composition, un même élément peut répondre à plusieurs besoins : offrir une assise, servir d’appui, permettre de déposer un sac, ou encore faciliter des gestes simples comme fouiller dans ses effets personnels, consulter son téléphone ou réorganiser ses objets. L’ensemble s’appuie sur une compréhension des usages de l’aérogare, où les moments d’attente nécessitent des supports discrets et efficaces.

Ce choix fait sens dans le contexte montréalais, où l’appropriation informelle et la créativité collective sont essentielles. Plutôt que d’imposer une fonction unique, la composition propose une diversité de situations, reflétant la pluralité des expériences montréalaises. Elle s’inscrit dans une logique joyeuse et ouverte, où l’on peut s’arrêter, attendre, s’organiser ou simplement habiter temporairement un lieu autrement dédié au transit.

Ainsi, la montréalité se manifeste dans cette capacité à transformer l’ordinaire en expérience, à faire émerger du vivant là où on ne l’attend pas. Elle se trouve dans cette attention aux usages simples, dans cette volonté de rendre les espaces plus accueillants sans les surdéterminer. Réinvestir les murs temporaires de l’aérogare, c’est prolonger, à l’intérieur, l’esprit des rues de Montréal.