La ville de Sherbrooke se distingue par un paysage et une morphologie urbaine étroitement liés à sa topographie. Implantée au confluent de rivières et structurée par un relief accidenté, elle possède des qualités spatiales singulières, où les variations de niveaux façonnent autant les vues que les déplacements. Le centre-ville possède des enjeux de revitalisation et certaines portions demeurent fragmentées, peu fréquentées et déconnectées de leur contexte immédiat.
C’est dans cette perspective que le projet propose une intervention simple en apparence, mais structurante : l’escalier.
Au-delà de leur usage fonctionnel, les escaliers occupent une place particulière dans la vie des villes. Ils sont des lieux de transition, mais aussi des espaces d’arrêt. Ils offrent des points de vue, cadrent des perspectives et mettent en scène le mouvement des corps dans l’espace. En ce sens, l’escalier est un dispositif architectural qui soutient les interactions sociales autant que les déplacements.
Plus qu’un simple dispositif fonctionnel permettant de franchir un dénivelé, l’escalier devient ici un outil de révélation du territoire et de connexion urbaine. Il agit comme une infrastructure sensible, capable de transformer une contrainte topographique en opportunité d’expérience.
Le projet s’inscrit dans cette logique en proposant un axe qui traverse le centre-ville et relie différents repères urbains existants. Ainsi, cette intervention propose de réouvrir le centre-ville de Sherbrooke sur lui-même, en tirant parti de sa topographie plutôt qu’en la contournant.
L’ascenseur crée un repère de dimension vertical offrant un nouveau point de référence pour le centre-ville et son cœur commercial, tout en s’insérant dans le paysage urbain sherbrookois qui est dessiné par des éléments verticaux de son cadre bâti.