Alors que le centre-ville de Laval connaît un élan de redéveloppement majeur, la relation entre milieux naturels et urbanisation demeure dichotomique. D’une part, le centre-ville lavallois est caractérisé par une forte minéralisation, tributaire de ses vastes espaces de stationnement. D’autre part, il jouit de la présence de noyaux naturels d’une grande valeur écologique. Toutefois, malgré leur richesse, ces noyaux demeurent enclavés, peu accessibles et peu connus, ce qui limite autant le foisonnement de la biodiversité que leur appropriation par les citoyens.
Ainsi, notre proposition cherche à dépasser ce paradoxe en proposant une intégration systémique de la nature à même le tissu urbain. Plus qu’une simple volonté, l’intégration de la nature en ville est un impératif. Favoriser le foisonnement de la biodiversité en milieu urbain permet de protéger les populations des aléas climatiques actuels et futurs. Aux bienfaits relatifs à l’écologie et à la santé publique offerts par la présence de nature en ville s’ajoutent des avantages en matière de qualité de vie et d’économie urbaine.
Face à ces constats, notre projet propose une stratégie de naturalisation du centre-ville de Laval qui vise à en faire un secteur exemplaire en matière d’écologie urbaine. Elle structure l’intervention autour de trois principes : conserver, connecter et faire rayonner les milieux naturels du centre-ville.
Premièrement, la protection s’étend à une diversité de milieux, incluant les friches et les zones de transition. En élargissant la notion de noyau écologique, le projet reconnaît la contribution essentielle des différents écosystèmes au maintien de la biodiversité. Cette reconnaissance intervient en amont, au même titre que les boisés lavallois sont rapidement passés de friches agricoles à des foyers de biodiversité, les espaces interstitiels qui se renaturalisent graduellement ont le potentiel de devenir de riches milieux naturels.
Deuxièmement, la connectivité écologique constitue un élément clé du projet, à travers l’établissement d’un réseau de corridors verts. Ce dernier s’appuie notamment sur les ambitions municipales, portées par des projets structurants. Toutefois, l’intervention vient compléter la connectivité par de nouveaux tracés de corridors écologiques pour comlber les liens manquants. Ainsi, les milieux naturels du centre-ville pourront prendre place dans les écosystèmes lavallois.
Enfin, le projet introduit un nouvel outil qui porte la question de l’intégration de la nature à l’urbain à l’échelle des lots privés. Il offre une réponse normative dans le redéveloppement des lots, en s’inspirant à la fois du concept de performance zoning et du principe des zones d’aménagement écologiques particulières établies par la Ville de Laval. Le transect écologique vise à encadrer le développement à proximité des milieux naturels pour améliorer leur performance écologique. Il permet de transformer les zones d’interface en espaces d’intégration, afin que les milieux naturels puissent rayonner par leurs bienfaits.
Bref, notre projet propose une vision du redéveloppement urbain où la nature devient une infrastructure essentielle. Elle s’efforce de recentrer plusieurs ambitions municipales en un projet structurant et phare, ambitionnant de placer les boisés au cœur de l’identité du centre-ville afin qu’il incarne réellement la vision de la ville : urbaine de nature.