MAîTRISE EN URBANISME

Indicateurs sensoriels d'adaptation

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La rue Jean-Talon, août 2055

La rue Jean-Talon, août 2055

Le comité citoyen

Le comité citoyen

La rue Beaubien, mars 2056

La rue Beaubien, mars 2056

Le parc Frédéric-Back. Photo gracieuseté Synesthésie Urbaine

Le parc Frédéric-Back. Photo gracieuseté Synesthésie Urbaine

Page 1 de l'Infolettre, mars 2056

Page 1 de l'Infolettre, mars 2056

Page 2 de l'Infolettre, mars 2056

Page 2 de l'Infolettre, mars 2056

Page 3 de l'Infolettre, mars 2056

Page 3 de l'Infolettre, mars 2056

Les écoles alimentées par les bruits et la pollution lumineuse

Les écoles alimentées par les bruits et la pollution lumineuse

Indicateurs sensoriels d'adaptation

Ce projet propose une vision prospective de la transformation urbaine à l’horizon 2056, dans un contexte marqué par les crises climatiques, les inégalités socioterritoriales et la nécessité de repenser en profondeur les pratiques d’aménagement. Il s’inscrit dans une volonté de concevoir des milieux de vie plus flexibles, sobres en ressources et capables de s’adapter aux perturbations environnementales, tout en reconnaissant les contradictions persistantes de la transition écologique.

Le projet propose de rendre perceptibles les flux urbains invisibles : eau, énergie et déchets dans l’espace public grâce à des indicateurs sensoriels déployés sous forme de trames visuelles, sonores et olfactives. Ces dispositifs ne visent pas uniquement à informer, mais à transformer l’espace public en un milieu d’apprentissage collectif, où les habitants peuvent comprendre les impacts de leurs usages et ajuster leurs comportements de manière progressive et non coercitive.

Les habitants conservent leur liberté de choix, mais les options les plus durables sont rendues plus visibles, plus simples et plus gratifiantes. Les indicateurs sensoriels agissent comme des signaux doux qui favorisent une régulation sociale des comportements, tout en améliorant la qualité de l’expérience quotidienne, notamment dans les secteurs plus vulnérables. Le projet cherche ainsi à utiliser la technologie non comme un outil de contrôle, mais comme un levier d’émancipation et de justice environnementale.

Les dispositifs proposés s’adaptent à la diversité des situations – familles, personnes à mobilité réduite, différences d’âge et de revenus – et encouragent la mobilité active et collective. Lors d’épisodes de pollution élevée, le système favorise automatiquement les alternatives les plus sobres : transport collectif gratuit, partage de véhicules, mise en avant des itinéraires de marche et de vélo. Les coûts associés à l’usage de la voiture individuelle sont modulés selon le revenu afin d’éviter toute pénalisation des ménages plus précaires, et sont levés en cas d’urgence ou pour les professions essentielles. Les gains réalisés en termes de coûts, de temps et d’émissions sont rendus visibles en temps réel, transformant la mobilité en un espace de valorisation individuelle et collective.

Sur le plan environnemental, le projet s’appuie sur la phytomorphose urbaine et sur un renforcement ciblé de la biodiversité. Les secteurs qui réduisent collectivement leur consommation bénéficient d’un verdissement accru, d’une amplification des sons naturels et d’une amélioration du microclimat. Ces bénéfices sont redistribués en fonction des efforts collectifs, créant une dynamique d’émulation plutôt que de compétition. Même les zones qui ne disposent pas encore d’espaces verts profitent d’une amélioration sensorielle grâce à des hologrammes et des amplificateurs, ce qui contribue à réduire les inégalités environnementales.

Enfin, le projet défend une gouvernance hybride et collaborative, dans laquelle la Ville agit comme opérateur technique, tandis qu’un comité citoyen et expert définit les orientations, les seuils éthiques et les ajustements nécessaires. En s’ancrant dans les réalités contrastées de Rosemont–La Petite-Patrie et de Saint-Michel, le projet propose une ville conçue comme un organisme sensible, capable de révéler ses flux, d’accompagner ses habitants et de concilier transition écologique, justice sociale et qualité de vie.